Contre-histoire de la philosophie, tome 9 :

Les consciences réfractaires

Référence : Michel Onfray, "Les consciences réfractaires", contre-histoire de la philosophie, tome 9, éditions Grasset, 480 pages, janvier 2013, isbn 2246802709

    Onfray, Camus, Sartre, Nizan...

Les philosophes du XXe siècle n'eurent pas la tâche facile, pris entre les extrêmes du fascisme nazi et du fascisme communiste. Beaucoup s'y laissèrent prendre de Martin Heidegger un moment compagnon de route des nazis à tous les intellectuels qui soutinrent jusqu'au bout l'aventure stalinienne et ses successeurs. Les "sartriens" de tout poil se brûlèrent aussi aux chimères des lendemains qui chantent les lendemains qui chantent et qui sacrifient le présent.

Il fallut bien ce sursaut pour faire croire à la fable d'un Jean-Paul Sartre et d'une Simone de Beauvoir artisans de la Résistance, « on ne trouve aucune trace de leur résistance partout proclamée, on dispose en revanche d'accablantes preuves du contraire... » précise Onfray, Beauvoir passant à côté de la Résistance comme elle est passée à côté du féminisme,  « qu'elle critique dans Le deuxième sexe... » et qui glaçait d'effroi le Parti communiste français. Même Henri Bergson ne trouve grâce à ses yeux, vu son attitude équivoque pendant l'Occupation et remonte à Descartes pour trouver un philosophe à l'origine de la philosophie des Lumières.

Certains pourtant- ces « consciences réfractaires » comme les appelle Onfray- restèrent sourds à ces sirènes et luttèrent contre toutes les formes modernes de dictatures, fût-elle celle du prolétariat.  Georges Politzer, juif et communiste, prenant le contre pied des consignes du parti et du Pacte germano-soviétique qui sévit d'août 1939 à juin 1941, prend celui de résister dès 1939 avant d'être exécuté en 1941. Paul Nizan, lui aussi communiste, comprendra avant beaucoup d'autres -et contre Sartre- la nocivité radicale du nazisme qu'il paiera de sa vie et se tourne vers Epicure [1] pour trouver, même dans la mort, des raisons d'espérer.

Albert Camus, qu'Onfray apprécie particulièrement et auquel il a consacré un livre, [2] rejette le Parti communiste quand celui-ci devient colonialiste en Algérie et s'oppose à toute forme de totalitarisme, qu'il soit de droite ou de gauche, le payant d'une polémique durable et d'une rupture avec Sartre après la publication de L'Homme révolté. [3]

L'université populaire

Notes et références

[1] Voir aussi les préface que Michel Onfray a consacrées aux deux livre suivants :L'Épicurien et autres banquets, d'Erasme, préface de Michel Onfray, éditions Encre Marine, isbn 978-2-909422-80-0 et Jardins épicuriens, de Franck Collin, éditions Les Cahiers du temps
[2] L'Ordre libertaire, La vie philosophique d'Albert Camus, éditions Flammarion, isbn 978-2-0812-6441-0, J'ai lu
[3] L'Homme révolté, essai, 1951 - Voir aussi mes articles sur Actuelles II, chroniques 1948-1953 centrées sur la polémique qui suivit la publication de L'Homme révolté, et le chapitre "L'Homme révolté" du livre de Jean-Jacques Brochier,  Camus, philosophe pour classes terminales

Voir mes fiches sur la contre histoire de la philosophie :
* Présentation générale des 9 tomes de la contre histoire --
* Les sagesses antiques - tome 1 -- Le christianisme hédoniste -tome 2 --
* Les libertins baroques - tome 3 -- Les ultras des lumières - t4 --
* L'eudémonisme social - t5 -- Les radicalités existentielles - t6 --
* La construction du surhomme - t7 --

* Les freudiens hérétiques - tome 8 -- Les consciences réfractaires - tome 9 --
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