Référence : Michel Onfray, "Zéro de conduite", carnet de campagne, éditions Autrement, avril 2018.
Faits et causes passés au peigne fin.

          

Présentation de la série

Michel Onfray continue la série socio-politique, faite de recueils de courtes chroniques, débutée avec Décoloniser les provinces : Contribution à toutes les présidentielles en mars 2017 et poursuivie avec La cour des miracles : Carnets de campagne publié en juin de la même année.

Dans le premier tome, il développe l'idée que « tous les candidats aux présidentielles de 2017 sont Jacobins. » Le problème est que ce centralisme a failli, n'a produit qu'une élite d'élus « insoucieux du peuple... Et ce, que ce soit de Philippe Le Bel à Charles de Gaulle, de Robespierre à Napoléon. »

Dans le deuxième tome, il nous parle du rôle et du déclin de la politique. Ou on croit à la politique et on entre comme en religion, avec ses messes, ses interdits et son catéchisme, ou on n'y croit plus et on devient libre, un spectateur qui se méfie des changements promis. Les hommes, y compris le président, ne sont que des rouages du système. Lui a regardé cette campagne "en voltairien" pour mieux « déchirer le voile des fictions. »

   

Bilan d'une campagne présidentielle

Comme d'habitude, il a la dent dure. Il fustige les journalistes qui parlent de recomposition après l'élection d'Émmanuel Macron, y voyant plutôt une décomposition de la classe politique. Selon lui, Macron n'est pas le responsable que les partis politiques se soient délités : « Il n’a pas tué le PS qui était déjà mort, il n’a pas fusillé les Républicains qui étaient déjà détruits, il n’a pas pulvérisé le FN qui était déjà coupé en deux, il n’a pas tué Mélenchon qui était déjà faisandé, il n’a pas dessoudé l’extrême gauche qui était déjà atomisée…   »
Michel Onfray fait passer beaucoup de faits d’actualité dans le tamis d'une analyse sans concession.

Rien de tout ça, il a plus simplement résumé un certain cynisme mitterrandien, un certain éclectisme chiraquien, l'énergie brouillonne de Sarkozy et la bonhomie roublarde de François Hollande. Une synthèse servie par les médias et les marchés. C'est une chronique de ce début de mandat présidentiel, bousculant aussi des personnages moins connus qui voudraient l'être un peu plus, passant en revue « un personnel politique... qui prouve que nous sommes sortis de l’Histoire… »

           

Et à une époque où la pensée socio-politique n’a jamais paru aussi consensuelle et laxiste, dominée par le "correctement politique" autorisé, Michel Onfray met les pieds dans le plat et, qu'on aime ou pas sa façon parfois brutale et débridée de le faire, il donne une approche personnelle, différente, sans préjugés et sans ménager qui que ce soit, une bouffée d'air dans un climat général qui donne plutôt envie de sommeiller benoîtement.

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